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Réaliser un sous-titrage vidéo accessible et de qualité pour le web

20 février 2016Auteurfrank 1 commentaire

Même si c’est encore peu, de plus en plus de vidéos sont sous-titrées sur le web mais bien souvent la qualité du sous-titrage fait que les personnes sourdes et malentendantes ne sont pas mises dans les meilleures conditions et souvent le résultat est à l’inverse de ce qui est recherché, l’accessibilité. Je vais donc essayer dans cet article de vous donner quelques pistes pour réaliser un sous-titrage accessible et de qualité pour vos futures vidéos.

Faire un sous-titre ce n’est pas juste coller mécaniquement du texte sur des paroles dès que l’on entend une personne parler. Il existe des règles, des normes très strictes que doivent suivre les professionnels qui travaillent pour l’audiovisuel et qui nécessitent souvent un gros travail pour adapter les sous-titres à celles-ci sans perdre la nature du discours.

Les principales sont :

  • Une limite de 37 caractères maximum par ligne.
  • Une limite d’environ 12 à 15 caractères en fonction de la durée du sous-titre avec une tolérance de 20% (voir le document en lien).
  • Pas plus de deux lignes de sous-titre.
  • Respect du code couleurs défini pour le sous-titrage :
    • blanc : locuteur visible à l’écran (même partiellement) ;
    • jaune : locuteur non visible à l’écran (hors champ) ;
    • rouge : indications sonores ;
    • magenta : indications musicales et paroles des chansons ;
    • cyan : pensées d’un personnage ou d’un narrateur dans une fiction, commentaires en voix hors champ dans les reportages ou les documentaires ;
    • vert : pour indiquer l’emploi d’une langue étrangère.

Source : Charte relative à la qualité du sous-titrage à destination des personnes sourdes ou malentendantes (format PDF - 70,32 Ko)

Mais ça c’est pour les pros, et tout le monde n’a pas les moyens de passer par un professionnel pour sous-titrer ses vidéos. Je pense particulièrement aux associations, aux petites mairies, et à toutes structures sans énormément de moyen mais désireuses de vouloir bien faire.

Voici donc quelques règles de base un peu moins strictes mais qui vous permettront de tout de même réaliser un sous-titrage de qualité et qui surtout remplira son but premier, rendre vos vidéos accessibles.

Nombre de caractères par ligne et nombre de lignes

La charte préconise 37 caractères par ligne mais quand on commence à sous-titrer on s’aperçoit que cette valeur est assez drastique et assez difficile à respecter sans faire un travail d’adaptation. En ayant souvent discuté avec des personnes sourdes il semblerait que cette limite peut être poussée jusqu’à 40 caractères.

Historiquement cette limite viendrait des lecteurs DVD de salon qui n’affichaient pas plus de 40 caractères par ligne.

Dans certains cas, avec des personne très bavardes et avec un débit très rapide coucou Olivier ;), cette limite est difficile a respecter mais il faut néanmoins éviter le plus possible de trop la dépasser, soit en redécoupant le sous-titre soit en l’adaptant.

Pour éviter de dépasser 40 caractères par ligne je commence par découper mes sous-titres avec PSPad qui me permet d’avoir un repère visuel sous la forme d’une barre verticale.

Le nombre maximum de lignes est de deux et si possible en utilisant la pyramide, c’est à dire que le sous-titre supérieur devrait être plus court que le sous-titre inférieur.

12 à 15 caractères par seconde c’est chaud

J’ai eu à différentes reprises l’occasion de sous-titrer des vidéos comme par exemple celles de la campagne municipales de Bourges en 2014 et je peux vous assurer que tenir la moyenne de 12 à 15 caractères par seconde (espaces compris) est tout simplement impossible à faire sans adapter considérablement le contenu.

Je me suis donc tourné vers les pratiques des fansubs qui sous-titrent les séries.
Attention le sous-titrage des séries n’est pas du sous-titrage SME (sourds et malentendants) mais de la traduction, par contre les normes qu’ils s’appliquent sont plus souples que celles des professionnels tout particulièrement en ce qui concerne le nombre de caractères par seconde : ils s’accordent une limite qui va de 15 à 20 au grand maximum 25, quand l’adaptation nécessaire est trop importante.

J’ai donc pris cette base pour réaliser mes sous-titres et j’ai à plusieurs reprises demandé à des personnes sourdes si cela leur convenait, il semblerait que oui. Je suis donc resté sur cette moyenne et malgré ça la tenir est très difficile sur certaines vidéos. Coucou Olivier ;)

Respect des couleurs et plates-formes web

À part cette charte de l’audiovisuel je n’ai trouvé nulle part de norme française concernant les règles de sous-titrage et cette charte ne prends pas en compte l’évolution de la vidéo sur le web et les plates-formes qui ne permettent pas la même souplesse d’utilisation des fichiers de sous-titrage comme le respect des couleurs.

Le format le plus commun et le plus simple est le .srt mais les plates-formes telles que Youtube, Vimeo… ne prennent pas en compte le balisage du fichier pour les couleurs, il faut alors passer par le .WebVTT pour avoir un balisage de base utilisable. Malheureusement ce format est plus complexe à mette en place qu’un simple fichier .srt, il existe donc des moyens de substitution pour pallier ce manque des plates-formes pour le format .srt.

Les indications de bruit (rouge) :
Mettre entre crochets.

Exemples :
[bruit du train], [téléphone], [applaudissements], [rires]

Les indications musicales (magenta) :
Pour un morceau de musique connu, mettre le titre et le nom du compositeur entre crochet.

Exemple :
[Streets of Philadelphia, Bruce Springsteen]

Sinon, indiquer le style entre parenthèse.

Exemples :
(rock), (zouk) ou (musique rock), (musique zouk).

Les paroles des chansons sont retranscrites et encadrées par des notes.

Exemple :
♫Il était un petit navire♫
♫il était un petit navire♫

Les réflexions intérieures ou les commentaires en voix off (Cyan ou italique)
L’indiquer textuellement en début de sous-titre.

Exemples :
Voix off ou commentaire : Je trouve enfin un petit peu de temps pour t’écrire.
ou
[Voix off ou commentaire] Je trouve enfin un petit peu de temps pour t’écrire.

Dans le cas d’une personne identifiée la nommer.

Exemples :
Journaliste off : il y avait beaucoup de monde à l’exposition ce matin.
ou
[Journaliste off] Il y avait beaucoup de monde à l’exposition ce matin.

Lorsqu’un personnage parle hors-champ (jaune) :
Non défini.

Langues étrangères (vert) :
Non défini.

Pour les deux derniers si des personnes sourdes passent par là je suis preneur d’infos à ce sujet.

Sons provenant de sources externes

On utilise un astérisque pour indiquer les sons provenant de haut-parleur, radio, télévision, téléphone, etc.

Exemples :
*Rendez-vous dans 10 minutes au stade
*Le suspect recherché est dangereux

Dans le cas où une personne téléphone et qu’une information importante passant à la télévision, doit être retranscrite.

Exemples :
*Téléphone : Rendez-vous dans 10 minutes au stade.
*Télévision : Le suspect recherché est dangereux.
ou
[ *Téléphone ] Rendez-vous dans 10 minutes au stade.
[ *Télévision ] Le suspect recherché est dangereux.

Les dialogues et le tiret cadratin

En typographie la règle veut que le tiret cadratin soit utilisé pour les dialogues.

Exemple :
Je ne trouve pas les clefs.
— Tu as regardé dans ton blouson ?
— Oui j’ai regardé.

Personnellement si le nombre de caractère par seconde (CPS) me le permet j’ai tendance à nommer les interlocuteurs quand ils sont connus et une fois le premier dialogue passé, j’utilise les initiales.

Exemple :
Michel : je ne trouve pas les clefs.
— Louise : tu as regardé dans ton blouson ?
— Michel : oui j’ai regardé.
— L : et dans ton pantalon ?
— M : Ha ! je n’ai pas regardé.

Temps minimum et maximum d’affichage du sous-titre

L’exposition minimum du sous-titre est de 1 seconde et l’exposition maximum est de 10 secondes.

Respecter le blank

Le blank est l’écart minimum obligatoire entre deux sous-titres, il est nécessaire pour permettre à l’œil de percevoir que le sous-titre a changé.

Tout au long des mes lectures sur le sujet j’ai trouvé plusieurs durées de blank conseillées allant de 120ms à 166ms [1]. J’ai arbitrairement choisi de régler mon logiciel de sous-titrage à 120ms et je trouve que cela est déjà assez difficile de caler les sous-titres correctement avec cette valeur.

Le sous-titre ne masque pas une information de la vidéo

Si un bandeau est présent dans la vidéo avec par exemple le nom, la fonction de la personne, positionnez le sous-titre de manière à ne pas le masquer. Si le positionnement du sous-titre n’est pas supporté par la plate-forme, essayez de reprendre les infos dans le sous-titre.

Orthographe, grammaire et ponctuation

Cela va de soi que ce trio doit être le plus irréprochable possible pour assurer une bonne compréhension du texte pour toutes les personnes en ayant besoin.

Projet de bonnes pratiques du sous-titrage web

Il existe bien d’autres choses à prendre en compte pour réaliser un bon sous-titrage mais cela nécessiterait un article vraiment très long, voire plusieurs articles. J’ai mis en place sur GitHub un projet de bonnes pratiques du sous-titrage web qui aborde des points non traités ici et où certaines interrogations sur certains points subsistent.

N’hésitez donc pas, venez y apporter vos commentaires et vos idées pour les améliorer.

Liens complémentaires :


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