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Les « Cambronne » de l’accessibilité numérique pour les sites ayant dit « Merde » à l’accessibilité

31 octobre 2012Auteurfrank 5 commentaires

Étant un petit peu désabusé par la non prise en compte de l’accessibilité sur de nombreux sites et ce malgré mes mails, coups de téléphones et autres moyens de communications pour faire part des problèmes que ces sites posent ou peuvent poser dans certaines configurations de navigation, j’ai décidé de créer les « Cambronne » de l’accessibilité numérique pour les sites ayant dit « Merde » à l’accessibilité.

Rigide ou souple ?

Quand on travail dans le web et que l’ont est sensibilisé à l’accessibilité numérique, il existe différentes manières de réagir face à un site qui ne respecte pas les fondamentaux. Soit on se dit que les personnes en charge ne sont pas sensibilisées et à ce moment là, en tant que personne concernée, notre rôle est de faire en sorte qu’ils le soient en contactant les responsables du site et en leur faisant part des problèmes que peut poser leur site, ou alors, une méthode plus radicale qui consiste à balancer sur le web (articles de blogs, réseaux sociaux) les mauvais élèves dans ce domaine sans autre forme de procès.

J’ai longtemps été un adepte exclusif de la deuxième solution mais depuis quelques temps (même si il m’arrive encore de temps en temps de me lâcher) je suis plutôt partisan de la première solution, plus douce, plus pédagogique.

Je me suis donc mis à contacter plusieurs responsables, webmestres de sites pour leur faire part des problèmes que pouvaient poser leur site, qu’ils soient soumis ou non à l’article 47 de la loi 2005.

Le bilan

On peut dire que celui-ci n’est pas très glorieux car jusqu’à maintenant, malgré mes multiples messages de sensibilisation cela n’a jamais abouti sur quelque chose de concret.

Entre ceux qui ne daignent pas répondre aux mails ou aux appels téléphoniques, ceux qui répondent en pensant que je viens d’une autre planète mais ne prennent pas la peine de me demander plus d’informations sur le sujet, ceux pour qui ce n’est carrément pas le problème, on peut dire que j’ai eu de tout sauf du positif.

Est-ce ma faute ?

Je me suis dit que le problème venait peut-être de moi, de ma façon de me présenter, d’aborder le sujet.

J’ai pour habitude de me présenter en tant que créateur de site internet sensibilisé à l’accessibilité numérique, de prendre en principe un ou deux exemples de problèmes que peut poser le site en question puis j’enchaîne sur l’importance de la prise en compte de l’accessibilité sur différents points. Quand il s’agit d’un site devant respecter l’article 47 je donne en principe des liens sur le texte de loi et le RGAA.

Je reste persuadé que le fait de me présenter comme quelqu’un du métier doit avoir un facteur bloquant. En fait, qui je suis moi pour dire que leur site est entre guillemet de mauvaise qualité sur de nombreux points ? Je ne suis après tout que le petit créateur de site du coin sans portfolio à rallonge et références à gogo alors que leur site a été fait par la plus grande boite à web du coin ou d’ailleurs.

Malgré tout, je ne peux décemment pas me présenter en tant que personne en situation de handicap ayant des problèmes de navigation sur le site ni pour une association, j’aurai l’impression de ne pas être honnête avec mon interlocuteur.

Le courrier type

Il y a quelques temps j’avais posé la question du courrier type à envoyer aux responsables de sites ne respectant pas l’article 47.

J’avais à l’époque contacté Olivier nourry et Patrice Bourlon (que je remercie au passage pour leurs retours) pour leur présenter une ébauche de lettre en m’inspirant de La lettre ouverte pour l’accessibilité numérique et de Contacter des organisations à propos de l’inaccessibilité de leur site Web de Braillenet.

Dans son dernier mail Patrice (depuis je n’ai pas avancé d’un pouce désolé) me faisait remarquer fort justement que pour que ce courrier type ait des chances d’aboutir il fallait que :

  • la demande soit personnelle et spécifique (un peu de storytelling).
  • ou bien être une association "représentative", dans tous les cas avoir un « intérêt à agir… » pour que la demande soit prise en considération.

Le problème qui pour moi se pose même si une telle lettre est mise en place, est de savoir qui va bien pouvoir l’envoyer.

  • les personnes en situation de handicap ?
  • les associations ?

Malgré l’appel de Tanguy Lohéac qui est non-voyant, dans son billet intitulé
Combien ça fait d’handicapés

Pour ma part, j’ai pris le parti de contacter par tous les moyens possibles, un propriétaire de site dès que je rencontre un problème d’accessibilité…

je ne suis pas sur (j’espère me tromper) qu’un tel courrier sera massivement envoyé et que la pression sera suffisamment mise sur les sites indélicats relevants de l’article 47.

Si je ne peux pas en tant que professionnel, utiliser ce type de courrier pour l’article 47, que mes tentatives de sensibilisation n’aboutissent pas que reste t-il ?

Les "Cambronne" de l’accessibilité

Historiquement, Pierre Jacques Étienne Cambronne est un général d’Empire et la légende veut que devant l’insistance des Britanniques pour qu’il capitule lors de la bataille de Waterloo il aurait eu une réponse aussi énergique que concise, aujourd’hui connue comme le « mot de Cambronne », qu’il nia cependant toute sa vie avoir faites, « Merde ! »

Les « Cambronne » de l’accessibilité seront donc décernés périodiquement aux sites ayant dit « merde » à l’accessibilité, avec à chaque fois les raisons pour lesquelles ils sont cités.

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